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"...Le plus grand moment de la
soirée était indiscutablement la Sonate de Debussy pour violoncelle et piano : Marta Gõdény et Renaud Déjardin ont joué avec une sensibilité et une humilité
émouvantes. Il est rare de voir deux musiciens partager ainsi les moindres frémissements et « parler » à ce point le même langage. J’ai particulièrement
apprécié leur premier mouvement, empreint de dignité et d’élégance. J’espère que ces musiciens reviendront le plus souvent possible en Hongrie...."
www.kontextus.hu |


http://www.anaclase.com/disques/articles/martinu1.htm
C'est avec un enthousiasme tant partagé que justifié que nous vous présentons aujourd'hui ce nouvel enregistrement des trois Sonates pour violoncelles et piano de Bohuslav Martinu, un disque que nous saluons par une Anaclase ! bien méritée. Avec Smetana - fondateur de l'école moderne tcheque -, Dvorak et Janacek, Bohuslav Martinu est l'une des grandes figu-res de la musique de son pays. Il est né a Policka en 1890, et son enfance, au sommet de la tour de l'église Saint-Jacques (dont son pere était le gar-dien) marqua durablement son travail, du fait d'un isolement allant de paire avec la contemplation de l'immensité du monde, les paysages contemplés depuis ces hauteurs. C'est un professeur local qui l'initie a son art d'expres-sion, plus que ceux du Conservatoire de Prague qui le renverront vite de la respectable institution. De ce fait quasiment autodidacte, il produisit ses premieres ouvres tandis qu'il entrait comme second violon dans l'Orchestre Philharmonique Tcheque.
C'est durant cette période d'interprete qu'il approfondit le répertoire
français. Grand admirateur d'une musique
qui lui paraissait proche de
la clarté et de la sensibilité de sa propre culture, il se retrouve boursier a Paris en 1923, ou il devient l'éleve d'Albert Roussel : un séjour prévu pour quelques mois qui durerait dix-sept ans ! Déja influencé par la musique populaire de Boheme, le madrigal anglais de la Renaissance ou encore Debussy, le jeune homme l'est aussi par le jazz qui regne sur la capitale aux mains des surréalistes. C'est l'époque ou il fonde
l'Ecole de Paris avec quelques compatriotes poetes et peintres, et se consacre principalement a la musique de chambre - avouant s'y sentir toujours davantage lui-meme.
Chacune de ses trois sonates appartient a une période bien distincte
de sa carriere. La 1ere fut écrite le 12 mai 1939, alors que Martinu craignait de ne jamais retrouver son pays natal. Aux tensions politiques répondent les accents dramatiques, les dissonances de l'ouvre. Si des moments d'apaisement parsement les premiers mouvements, le dernier est furieu-sement agité. Des le début du Poco Allegro, la pianiste hongroise Márta
Gõdény affirme le caractere immédiat de cette partition. Les interpretes offrent un relief d'une grande richesse a cette page, le violoncelle de Renaud Déjardin alternant une hargne insensée a un lyrisme franc.
Son entrée dans l'élégie du Lento central s'avere sombre, menant peu a peu la phrase vers la lumiere, jusqu'aux accords médians du mouvements, minutieusement orchestrés par la pianiste. Cet épisode s'acheve dans une tendre mélodie et un climat assez recueilli. Pour finir, les artistes se lancent avec une stupéfiante sauvagerie dans l'Allegro con brio, d'une impression-nante urgence. Une section plus chantante est vite contrariée par des péri-péties rebondissantes dont ils accusent la vitalité par des contrastes judicieux qu'anime leur débordante expressivité.
Exilé aux Etats-Unis de 1941 a 1953, c'est sur le Nouveau Monde
que Martinu écrira ses six symphonies et la Sonate n°2, créée le 27 mars
1942. Comme la précédente, elle respecte la structure classique en trois mouvements. Débutant dans un climat tcheque évoqué par des effets ryth-miques suggestifs, un piano fermement interrogatif habité de réminiscence de Janacek, l'Allegro initial développe une sorte de
néo-romantisme inspiré. La mélodie bohémienne est ici soulignée. Márta Godény et Renaud Déjar-din chantent ensuite le long Largo funebre avec une extreme sensibilité, avant de présenter un Allegro commodo presque bougon, toujours toni-
que, dans la fougue duquel ils parviennent a rendre fluide la succession déroutante de ruptures.
Le retour en France, s'il fut le bienvenu, n'empecha pas la nostalgie qui accompagna Martinu jusqu'a sa mort, en 1959. Les communistes tiennent la Tchécoslovaquie depuis le coup de Prague, et il n'y retournera jamais plus. C'est pourtant dans cette capitale que sera publié sa Sonate n°3, en 1953, un an apres avoir été créée a Washington. Néo-classique, d'inspira-tion folklorique, elle délaisse les côtés sombres pour favoriser la tendresse et l'optimisme, comme en témoigne la lumineuse jubilation avec laquelle les interpretes de ce disque amorcent le fort élégant poco Andante. Si une certaine quiétude habite leur jeu, dans l'Andante central, ils s'ingénient, pour
le plus grand bonheur de l'auditeur, a parfumer d'une certaine
bonne humeur les côtés ludiques du dernier mouvement.
Bertrand Bolognesi



Classica et Le Coin du Musicien présentent Renaud Déjardin
(http://www.coindumusicien.com/Lecoin/Coeur02/Classica/
classica_dejardin1202.html)
Renaud Déjardin et l 'orchestre de Stony Brook, New-York joue Schumann, Bach et Beethoven
Renaud Déjardin nous offre ici une interprétation admirable, profonde et sensible du concerto pour violoncelle de Schumann qui n'a d'égal que la médiocrité de
l'enregistrement où seules les basses se font entendre !!!
L'absence de médium et les aigus à peine perceptible donnent l'impression d'un orchestre très moyen, où l'on a
le plus grand mal à discerner tel ou tel instrument.
C'est du gâchis, mais certains inconditionnels des enregistrements en public y trouveront leur compte.
Enfin, lorsqu'on fait abstraction de cela, on est comme envoûté par le son magnifique du violoncelle de Déjardin. Sa sonorité chaude et nuancée se trouve comme
soulignée et renforcée par cet enregistrement où les graves dominent sans partage. Malheureusement les aigus sont écrasés et l'on a parfois l'impression d'une certaine
fausseté, dans les traits ascendants.
Heureusement ce disque nous permet ensuite de découvrir trois extraits de la suite n°4 Bwv 1010 pour
violoncelle seul de Bach et le premier mouvement de la sonate pour
piano et violoncelle opus 5 n°1 ...
Et là, l'enregistrement est magnifique tout comme l'interprétation de Renaud Déjardin et de Marta Gödény au piano, riche en couleur et en une infinité de nuances
subtiles !!!
Rien que pour cela, l'écoute en vaut la peine !
Henri De Bruyn

Radio France
(http://www.radiofrance.fr/chaines/orchestres/journal/portrait/fiche.php?port=30000007)
Renaud Déjardin : creuser la voix du violoncelle
A vingt-cinq ans, le violoncelliste Renaud Déjardin s'est distingué lors des concours internationaux de Leipzig et d'Helsinki. Le 11 mars, avec la pianiste Marta
Godeny avec laquelle il se produit depuis 1996, il interprète Beethoven, Chopin, Bartok et Campo dans le cadre des concerts de la série "Déclic".
Renaud Déjardin, vous avez commencé à huit ans le violoncelle...
- Oui, mais je devais avoir trois ou quatre ans lorsque j'ai eu mon premier contact avec l'instrument, dont
l'aspect et le son m'ont fasciné. C'était à Strasbourg, où
je suis né, et la violoncelliste qui a été à l'origine de ce premier choc s'appelait Lisa Erbes. Au-delà de l'instrument cependant, je crois que c'est la musique en soi
qui
me captive. Aujourd'hui encore, je me définis davantage comme musicien que comme violoncelliste. J'ai d'ailleurs essayé plusieurs instruments : le piano, la
clarinette, très récemment la trompette, et je suis également un enseignement de direction d'orchestre au Conservatoire.
Revenons à votre itinéraire d'instrumentiste...
- J'ai en effet commencé à étudier le violoncelle à l'âge de huit ans, au Conservatoire de Strasbourg. J'ai passé deux années au lycée Racine de Paris au moment où j'ai
intégré, à quinze ans, le Conservatoire national
supérieur de Paris. Je dois beaucoup au professeur que j'ai eu dans cet établissement, Philippe Muller, mais je
n'oublie pas non plus certaines classes de maître, dont celle de Bernard Greenhouse qui, je crois, a su
développer en moi le sens du phrasé. Je vis de mon instrument
depuis que j'ai dix-huit ans, mais il faut
décompter les trois années que j'ai passées à l'Université de Stony Brook, au nord de New York, grâce à une bourse française.
Un séjour fructueux mais aussi idéal par les conditions qu'il m'a offertes (studio personnel,
salle de récital à disposition, etc.). Aujourd'hui, après avoir longtemps
joué sur des instruments qui m'étaient prêtés, je joue sur mon violoncelle, un instrument français du XIXe siècle au timbre magnifique.
Vous parliez de phrasé : en quoi le violoncelle permet-il, justement, de dessiner la phrase ?
- Je dirais plutôt qu'il exige qu'on la sculpte. Il y a quelque chose d'unique au violoncelle, c'est la façon de
traiter le son sur la longueur. La difficulté apparente
d'émission force l'instrumentiste à creuser le son, à aller le chercher. La voix du violoncelle n'est pas une voix d'enfant mais une voix d'âge mûr, une voix de prêtre
! Je
crois que de tous les instruments, c'est celui qui me convient le mieux.
Vous allez jouer un programme varié, à Radio France, allant de Beethoven à Régis Campo. Quel regard ou
quelle oreille portez-vous sur la musique qu'on appelle
contemporaine ?
- C'est un monde à part, qui exige de l'interprète qu'il s'investisse d'une autre manière que lorsqu'il aborde le répertoire classique ou romantique. Je suis heureux de
vivre à une époque marquée par la diversité, par une grande liberté dans la forme et par le souci, enfin décomplexé, de susciter l'émotion.
Propos recueillis par Christian Wasselin
A paraître en octobre 2004, chez Arion : l'intégrale des sonates pour violoncelle et piano de Martinu. Avec
Marta Godeny, piano.




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